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mars 2008 |
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ENQUETE N° 2 / SAISON 2007-2008
LA PLACE DU THÉÂTRE DANS LES PROGRAMMATIONS « JEUNES PUBLICS » (saison 2007-2008)
L’ATEJ a procédé à une évaluation de la place des spectacles
de théâtre dans les programmations de 46 établissements culturels de statuts
diversifiés (C.D.N., scènes nationales, théâtres de ville, centres culturels,
etc… ) répartis sur le territoire, Alsace (1), Aquitaine (1), Auvergne (1),
Basse-Normandie (1), Bourgogne (), Bretagne (1), Franche-Comté (1),
Ile-de-France (13), Languedoc-Roussillon (2), Limousin (1), Lorraine (1),
Provence-Côte d’Azur (3), Pays de Loire (1), Picardie (1), Rhône-Alpes (16).
1°) Parmi les 46 établissements faisant l’objet de cette
étude, 13 d’entre eux sont identifiables comme structures spécialisées
« jeunes publics ».
2°) En dehors de l’activité de ces 13 structures
spécialisées, on relève que les 33 autres établissements programment
globalement 193 spectacles jeunes publics sur un total de 880 spectacles soit 21
% de spectacles « jeunes publics » en moyenne.
Cette moyenne n’est que de 18,8 % dans les scènes
nationales ;
Elle s’élève à 25,6 % dans les autres structures culturelles
non spécialisées.
Remarque : Il s’agit de pourcentages forcément
surévalués par rapport à une moyenne nationale puisqu’ils concernent
exclusivement des établissements affichant explicitement une
« programmation jeunes publics ». Or, comme on le constate, certains
établissements non pris en compte par cette étude, ne programment aucun
spectacle « jeunes publics » ou, au mieux, un seul par saison pour
répondre à minima à un cahier des charges. Il semble qu’une évaluation étendue
à la totalité des établissements culturels français situerait entre 10 et 15 %
la proportion de « spectacles jeunes publics » programmés.
3°) L’usage en cours et presque généralisé de l’appellation
globalisante « jeunes publics » occulte parfois l’objectif de ces
programmations. On observe que certaines programmations, bien que qualifiées
« jeunes publics » ne concernent aucunement les publics
d’enfants. Dans plusieurs d’entre elles l’étiquette « jeunes
publics » est affectée aux seuls spectateurs de plus de 15 ans voire même
aux spectateurs de 18 à 25 ans !
On remarque aussi que cette appellation-valise, même dans
les établissements spécialisés, sert le plus souvent à évacuer toute référence
aux publics d’enfants. Comme si cette référence était considérée comme
dévalorisante.
4°) De même, la mention
« spectacle jeunes publics » déclinée assez fréquemment en
« spectacle tous public » ou en « spectacle familial » se
substitue à toute autre forme d’information sur la nature artistique du
spectacle programmé.
5°) Les « programmations
jeunes publics » répertoriées accumulent ainsi des spectacles divers pour
lesquels, dans les textes de présentation, la qualification de « spectacle
vivant » semble parfois être l’unique justification culturelle. Leur étude
attentive démontre que beaucoup d’entre elles placent sur le même plan, dans
une surprenante confusion des niveaux d’exigence artistique, de brèves
séquences d’animations pédagogiques pluridisciplinaires (profusion en direction
des enfants de moins de 6 ans) et la diffusion d’œuvres théâtrales
convenablement élaborées.
6°) La majorité (plus de 70 %)
des spectacles proposés sont des spectacles de format réduit n’engageant qu’un
ou deux interprètes.Cet amenuisement du format des
spectacles est une dominante qui ne cesse de s’accentuer en raison du manque de
financements appropriés. L’autofinancement des productions et de la diffusion
sur la base des seules recettes semble devenir la règle même dans les grands
établissements culturels de service public.
7) Autre aspect de cette
régression : en dehors du TEP à Paris, des C.D.N. de Lyon et de Strasbourg,
la plupart des autres établissements spécialisés « jeunes publics »
sont des centres culturels disposant de budgets extrêmement réduits.
8°) On remarque que parmi les 13
établissements spécialisés « jeunes publics » répertoriés dans le
cadre de cette étude, aucun n’est entièrement consacré au seul théâtre
contemporain pour jeunes spectateurs, à la recherche et à la formation dans le
domaine particulier des apprentissages et des modes d’accompagnement des
pratiques théâtrales de l’enfant.
Après le démantèlement du réseau
des Centres dramatiques nationaux à mission jeunes publics (C.D.N.E.J.) par la
réforme Wallon-Trautmann de 1998, il n’existe plus, en France, un seul théâtre
permanent pour jeunes spectateurs au plein sens du terme convenablement subventionné
par le Ministère de la Culture.
9°) Cette étude met en évidence
une régression effective de la place du théâtre dans la plupart des
« programmations jeunes publics ».
Scènes
nationales
37,5 % de
théâtre et 3,92 % de théâtre de marionnettes et autres formes théâtrales
dérivées.
Autres
établissements culturels non spécialisés
16 % de
théâtre et 25,9 % de théâtre de marionnettes et autres formes théâtrales
dérivées.
Etablissements
culturels spécialisés « jeunes publics »
30 % de
théâtre et 25,12 % de théâtre de marionnettes et autres formes théâtrales
dérivées.
Lorsque l’on totalise toutes les
formes de théâtre (théâtre et théâtre de marionnettes) ces pourcentages
s’élèvent à :
41,17 % dans
les scènes nationales41,9 % dans
les autres établissements culturels non spécialisés55,12 % dans
les établissements culturels spécialisés.
10°) Age des spectateurs
concernés
Dans les établissements
spécialisés le pourcentage de spectacles adressé aux spectateurs de moins de 12
ans est de 86,63 % en moyenne.
Il est de 64,31 % dans les scènes
nationales
Il est de 90 % dans les autres
établissements culturels non spécialisés
Parmi les spectacles adressés aux
publics d’enfants (spectateur de moins de 12 ans) une forte proportion est
programmée à l’intention de la petite enfance
33,66 % dans
les établissements spécialisés
23,53 % dans
les scènes nationales
32,82 % dans
les autres établissements culturels non spécialisés.
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